Taromancie et Cartomancie

Historique de la Taromancie

L’usage divinatoire du Tarot semblerait pouvoir être daté de 1527 : parution du Chaos del Tri per uno, essai littéraire de lecture divinatoire avec les tarots de Teofilo Folengo écrit sous le pseudonyme de Merlin Cocai. Toutefois cet exemple est isolé et encore sujet à  débat(s).

C’est au cours des premières années du XVIII siècle à  Bologne en Italie qu’est attesté le premier document connu avec la liste des cartes et leurs significations divinatoires, affirme le Professeur Vitali dans Tarocchi e Cartomanzia [I Tarocchi : Storia Arte Magia » Edizioni Le Tarot Giugno 2006].

Le rayonnement du Tarot divinatoire prendra son essor en France avec les françs-maçons Etteilla, le Comte de Mellet et Court de Gebelin.

Définition de la Taromancie

L’on distingue la tarologie, science humaine qui étudie l’histoire et l’iconographie des tarots et des cartes, de ses applications divinatoires : taromancie et cartomancie.

Le taromancien ne pratique pas la « voyance » : l’univers des tarots le situe sur un registre de potentialités telles qu’elles apparaissent dans le moment de la consultation.

Le cartomancie, elle, est davantage proche du monde de la « voyance » : l’interprétation des cartes du Jeu de 32 ou de 52 étant supposée dévoiler des fragments à  venir de la vie du consultant. Souvent, les cartomanciennes sont aussi « voyantes ».

La taromancie est un art divinatoire utilisant l’observation du tirage de cartes du Tarot de Marseille ou du Tarot à  Jouer tandis que la cartomancie use de supports simplifiés comme le Jeu des Quatre Couleurs comportant ou 52 ou 32 cartes.

Pratique de la Taromancie

Le jeu se compose de 78 cartes réparties en deux grands groupes : les arcanes majeurs (ou lames majeures) et les arcanes mineurs (ou lames mineures).

Les arcanes majeurs sont constitués de 22 cartes fortes de nombreux symboles ésotériques. Cette partie du jeu peut être utilisée à  part comme un oracle.

Les arcanes mineurs qu’utilise le taromancien s’apparentent au jeu de 52 cartes classiques de la cartomancie avec la correspondance : Coeurs = Coupes, Carreaux = Bâtons, Trèfles = Deniers, épées = Piques. on y trouve en plus dans chaque famille le Cavalier. Les cartes  » Roy, Reyne, Cavalier, Valet  » forment les Honneurs, quant aux cartes de 1 à  10, ce sont les Numéraires dont l’interprétation divinatoire est fortement inspirée de la numérologie.

La pratique de la taromancie s’effectue entre le taromancien et le consultant. Le taromancien étale les cartes devant le consultant après qu’elles aient été battues puis coupées. Ensuite le consultant en choisit un certain nombre, qui dépend du type de tirage choisi.

Il existe beaucoup de méthodes de tirage des cartes divinatoires. Le type de tirage le plus couramment rencontré est le tirage en croix, utilisé pour apporter une réponse à  une question. Il comporte 4 cartes disposées en croix qui permettent de peser le pour, le contre et d’apporter une réponse au consultant. D’autres types de tirages comportant davantage de cartes permettent d’obtenir une vision globale de l’avenir du consultant.

Tout l’art de la taromancie réside dans l’interprétation des symboles des cartes. Le taromancien les identifie, les relie entre eux et leur donne une signification par rapport à  leurs positions dans le tirage, à  la question posée et à  la situation du consultant.

La taromancie de même que la cartomancie sont parmi les arts divinatoires les plus communément utilisés à  des fins prédictives.

Introduction sur la cartomancie

La cartomancie est un art divinatoire utilisant les tirages de cartes :divination par les cartes ou carto-mancie.

Les cartomanciennes sont pour beaucoup de simples « diseuses de bonne aventure ». on reproche souvent à  cette forme de divination d’appliquer aux cartes une interprétation arbitraire et de tabler sur la crédulité des gens.

La réalité est plus complexe.

La pratique cartomancique française repose sur le Jeu des Quatre Couleurs : piques, coeurs, carreaux et trèfles.

Elle apparaît au siècle des Lumières dans la période pré-révolutionnaire avec le franc-maçon Etteilla pour le jeu de 32 cartes [Le petit Etteilla ou L’Art de tirer les cartes 1753 publié en 1791] et atteint son apogée avec la Sybille de la Révolution et de l’Empire, Adelaïde Lenormand pour le jeu de 52 cartes [1768 – 1843 : 1845 publication posthume du Grand Jeu de Société : Les cartes Astro-Mytho-Hermétiques].

De nos jours, le jeu de 32 cartes est le plus utilisé en cartomancie suivi du jeu de 52 cartes (cf. taromancie).

Anciens tarots et tarot à  jouer

Les cartes égyptiennes des Mamelouks seraient le probable maillon manquant entre les cartes européennes et les cartes chinoises voire indiennes.

La taromancie aperçoit dans les quatre emblèmes du tarot une symbolique dérivée de l’armement sarrasin utilisé lors des croisades : boucliers, flèches, cimeterres et calices à  l’image des anciennes cartes mauresques

Les quatre emblèmes – deniers, bâtons, épées et coupes – des tarots anciens (Tarots italiens et Tarot(s) de Marseille) permettraient de comprendre le sens divinatoire des 4 couleurs des cartes à  jouer (trèfle, carreau, pique et coeur) que l’on trouve tant sur le Tarot à  Jouer que sur les jeux de 52 et de 32 cartes.

Le symbolisme du coeur

Le coeur aurait été dessiné sous la forme d’une coupe : calice ou graal.

Il évoquerait notamment l’enjeu spirituel des croisades, à  savoir la conquête du Saint Sépulcre : Jérusalem en Terre Sainte.

Au sens propre, le coeur renverrait principalement à  l’organe cardiaque et à  la circulation sanguine.

Les cartes égyptiennes des Mamelouks seraient le probable maillon manquant entre les cartes européennes et les cartes chinoises voire indiennes.

La notion de sang évoquerait les liens de sang et par extension de famille.

Au sens figuré, le coeur symboliserait l’affectif sous ses aspects les plus divers.

Coeur = Coupe – liens de parenté – liens affectifs

Le symbolisme du carreau

Les piques proviendraient de l’emblème des épées : sabres courbes ou cimeterres sarrasins et épées droites des croisés sur les anciens tarots.

Expression du combat au corps à  corps, les épées signifieraient d’abord le pouvoir de l’action offensive.

Mais l’épée symboliserait aussi le glaive de Justice ; à  ce titre, le pique indiquerait l’action du Pouvoir qui tranche et décide, la loi.

D’après une autre symbolique, celle de l’instrument manufacturé par l’homme, les épées se rapportent également à  l’industrie, à  la technique et, par élargissement, à  la réflexion et à  l’intellect : glaive du discernement.

Piques = épées – pouvoir de l’action – action du pouvoir

Le symbolisme du trèfle

Le mot « trèfle » possèderait au moins deux sens courants.

Le premier correspondrait au trèfle à  quatre feuilles : synonyme de chance, de protection pour celui qui le trouverait. Le second proviendrait de l’argot « avoir du trèfle « , c’est à  dire de l’argent.

Le Tarot de Marseille le figurerait sous la forme d’un denier (ancienne monnaie romaine puis française) ; les cartes mauresques offrent l’image d’un médaillon rond transformé dans les anciens tarots italiens en un bouclier protecteur.

Le trèfle véhiculerait donc deux sens ; il serait ambivalent : l’écu – monnaie (sens financier) ou l’écu – bouclier (sens de talisman).

Trèfle = denier = écu – argent – talisman

Le système de personnification

D’un emploi très répandu, il repose sur un système simple.

Huit cartes dont quatre à  Coeur et quatre à  Trèfle vont permettre au cartomancien de désigner une personne en tenant compte de trois critères : sa couleur de cheveux (au moment de la consultation), son âge et son sexe.

Les Coeurs du fait de leur couleur rouge identifieront quelqu’un à  la chevelure claire : blond, châtain clair, roux. Les Trèfles, de couleur noire, représenteront un être aux cheveux foncés : châtains foncés, bruns ou noirs.

Aux Rois et aux Dames fut attribué un âge égal ou supérieur à  trente-cinq ans tandis que les Valets et les Huit sont âgés de moins de trente-cinq ans.

Les Rois et les Valets appartiennent au sexe masculin ; les Dames et les Huit, au sexe féminin.

Souvent, le système de personnification primera sur la signification ‘emblématique’ d’une carte.

La divination par les cartes

Les cartes constitueraient un support qui développerait la sphère intuitive du cerveau : l’avenir virtuel que l’intuition capterait au travers d’elles s’avèrerait souvent en synchronicité avec le futur réel de la personne qui les consulterait. Plus concrètement, la connaissance des symboles clés donnés par les cartes associé à  une certaine capacité d’écoute et d’observation (gestes, ton de la voix) permet de deviner beaucoup de choses par le biais d’un tirage.

Les cartes du tarot sont réparties en deux grandes parties : les arcanes majeurs et les arcanes mineurs. Les arcanes majeurs sont constitués de 22 cartes fortes de nombreux symboles ésotériques. Cette partie du jeu peut être utilisée à  part comme un oracle.

Les arcanes mineurs s’apparentent au jeu de 52 cartes classiques avec la correspondance : Coeur = Coupes, Carreaux = Bâtons, Trèfles = Deniers, Piques = épées. on y trouve en plus dans chaque famille le Cavalier : 52 +4 cavaliers = 56 cartes dites mineures. Les cartes  » Roy, Reyne, Cavalier, Valet  » forment les Honneurs ; quant aux cartes de 1 à  10, ce sont les Numéraires ou cartes numérales dont certaines interprétations divinatoires relèveraient de la numérologie.

La pratique de la cartomancie s’effectue entre le cartomancien et le consultant. Le cartomancien étale les cartes devant le consultant après qu’elles aient été battues puis coupées. Ensuite le consultant en choisit un certain nombre, qui dépend du type de tirage choisi par le cartomancien.

Il existe beaucoup de méthodes de tirage des cartes divinatoires. Le type de tirage le plus couramment rencontré est le tirage en croix, utilisé pour apporter une réponse à  une question. Il comporte 4 cartes disposées en croix qui permettent de peser le pour, le contre et d’apporter une réponse au consultant. D’autres types de tirages comportant davantage de cartes permettent d’obtenir une vision globale de l’avenir du consultant.

Tout l’art de la cartomancie réside dans l’interprétation des symboles des cartes. Le cartomancien les identifie, les relie entre eux et leur donne une signification par rapport à  leurs positions dans le tirage, à  la question posée et à  la situation du consultant.

La cartomancie est un des arts divinatoires les plus couramment utilisés par les voyants.

Mais la cartomancie regroupe également les ôracles, c’est-à -dire des jeux de cartes aux nombres propres et chaque carte représente des prédictions propres. Il existe par exemple l’oracle de la triade, le célèbre oracle de belline, l’ôracle Gé, etc…

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